Comment votre toiture végétalisée va évoluer - végétalisation semi-intensive

Vous avez choisi de mettre en place une toiture végétale particulièrement riche, une végétation semi-intensive (LAVANUDULIS, GREEN ou POTAGER URBAIN) ? C'est une terrasse audacieuse mais qui porte ses fruits avec un bon entretien, régulier et attentif. Les plantes utilisées réclament plus de soins que les sedums. Tailler les arbustes, cultiver le potager, évacuer les déchets, cueillir et ramasser sa production, tondre un gazon… Autant d’attentions nécessaires qui garantiront l’éclat et la santé de votre réalisation, que nous vous détaillons ici.

Comment va évoluer une toiture semi-intensive ?

Une végétalisation semi-intensive, c’est un système de plantes vivaces formant des bouquets pour créer des espaces paysagers en toiture, sans les complications liées à la pose et l’entretien d’une terrasse jardin intensive. Ces résultats sont possibles en faisant le choix de substrats adaptés, à la fois enrichis en matière organique tout en étant légers. 

En optant pour ces plantes, votre création pourra ressembler, au choix, à une garrigue de Provence avec ses bouquets de lavande, de thym ou de valériane, sur un fond de plantes tapissantes pour garantir une homogénéité de couverture de l’espace ; à une toiture engazonnée dont vous avez la clé, ou encore à un agréable potager urbain.

La floraison varie selon les végétaux sélectionnés avec des couleurs du Sud (gammes de jaunes et de violets) et des bouquets grimpant jusqu’à 80cm, mais aussi à des odeurs qui propulsent l’usager loin de l’espace urbain.

Et le bonus : la lavande, le thym ou l’origan, et les fleurs que vous pourriez choisir  sont dites mellifères. Point positif pour l’environnement, elles participent à l’entretien d’une biodiversité active en attirant les insectes à pollens précieux pour l’écosystème et la biodiversité.

Et question entretien ?

Il faut déjà savoir qu’un système semi-intensif ne pousse pas en un rien de temps, à moins d’avoir recours à un tapis de gazon pré-cultivé, qui s’enracine plus rapidement et sera végétalisé à 100% en un temps record.

« Pour ce type de plantes, il y a un vrai délai », confirme Mathieu Collet, chef d'équipes entretien ECOVEGETAL. « Nous avons des garanties de recouvrement de 70% au bout d’un an. Il est donc conseillé, la première année, d’observer un bon entretien en veillant aux périodes de sécheresse ou de surplus d’eau, pour éviter que la végétation ne se déshydrate ou que les racines ne pourrissent, ou encore que les adventices prennent le dessus. »

Le poids de cette végétation est normalement prévu à l'amont du projet, avec une marge pour les fortes pluies ou neiges, il ne constituera donc pas une menace pour la toiture. Par ailleurs, si les vivaces peuvent s’élever jusqu’à 80 cm de hauteur, vous ne devriez pas pour autant voir pousser des arbres sur ce type de végétalisation.

« Pour l’entretien, on compte en moyenne deux passages par an, un au printemps et un à l’automne, avec une éventuelle 3ème intervention en été si les plantes peines à se développer, pour apporter un peu d’arrosage ou un engrais organique. »

Avec l'arrivée de l’automne, les plantes vivaces qui ont prolongé leur floraison jusque tard cette année se sont éteintes, « le feuillage passe aujourd’hui au rouge et jaune, comme sur les arbres, avec des fleurs fanées autour. C’est pourquoi il faut venir les ramasser à cette période de l’année, pour ne pas que les adventices ne s’égrainent et éviter la sur-contamination. On apporte également un engrais lent pour l’hiver, si besoin : les plantes passent en mode végétatif et elles iront puiser lentement dans le sol l’engrais, qui ne devra donc pas disparaître au bout d’un mois. »

À surveiller : les toitures végétalisées semi-intensives peuvent se retrouver garnies de déchets… Qui n’ont souvent rien de végétal ! Les résidus laissés par les autres corps de métier si le chantier s’est prolongé après la pose, « ou des détritus, cannettes ou bouteilles plastiques qui s’envolent ou parfois jetées par les voisins, selon l’endroit où se situe la terrasse. » Une raison de maintenir un bon entretien à l’année !

Un potager urbain en toiture : que faut-il surveiller ?

Si vous avez opté pour le projet d’installation d’un potager urbain en terrasse, les possibilités d’évolution sont immenses. Un potager, c’est un choix audacieux qui se vit dans la durée, et qui ne s’envisage pas comme un jardin autosuffisant. Les plantes légumineuses, les arbustes, les éventuelles parcelles de gazon autour – comme sur le toit du Cordon Bleu, réalisé par ECOVEGETAL – auront chacun leur rythme de croissance, et réclameront une attention régulière.

En plein automne, c’est par exemple le moment de venir ramasser, désherber et déposer au compost les plantes fanées, les fruits ou légumes tombés. « On le réutilisera ensuite dans les bacs pour un apport organique, tout en contrôlant bien l’équilibre du substrat », précise Mathieu Collet.

« Pour l’entretien minimum d’un potager urbain, il faut assurer le désherbage, surveiller le substrat et empêcher la contamination. Garantir un contrôle de l’arrosage, c’est aussi essentiel sur un potager, car les légumineuses sont bien plus exigeantes en apport en eau. Ensuite, on peut ajouter un bonus à ces entretiens annuels : la taille des plantes, le contrôle des parasites et des maladies. »

Évidemment, en cas de fortes chaleurs, le potager en toiture réclamera une intervention régulière pour anticiper et contrôler l’arrosage, de juin à août. « En général, on suggère un entretien plus régulier, d’au moins une fois par semaine en pleine saison : de mai à septembre (et jusqu’à la mi-octobre cette année). »

En ajoutant du gazon sur votre terrasse, vous renforcez l’isolation thermique et phonique de la parcelle, mais pensez bien, au moment de la conception, que cette zone devra être très facile d’accès : il faudra prévoir une tonte toutes les deux semaines en moyenne, avec la possibilité de stocker (ou de redescendre) l’herbe ainsi coupée (compost).

« Il faudra lui garantir au moins une visite l’été, ajoute Mathieu Collet, pour s’assurer que le gazon ne brûle pas. En installant par exemple un système d’arrosage d'irrigation par capillarité ou goutte à goutte en-dessous des substrats, car le système racinaire plonge jusque là. »

Le petit conseil entretien de Mathieu Collet : « au moment de la conception d’un potager en bacs, évitez le plaquage bois sur les contours. Il paraît esthétique, mais il se salit plus vite et se nettoie très mal. L’aspect du potager risque de se ternir. »