Une écurie active pour l’Institut de Genech (Nord)

Pourquoi proposer un hébergement en écurie active ? Cette étude de cas montre bien les réponses qu'apporte ce mode de vie pour l'élevage de chevaux ou la pension. Un système adapté en outre à tous les âges (jeunes chevaux, adultes, ...) et à tous les types de disciplines pratiqués (CSO, dressage, concours complet, ...)

 

Plus de liberté pour les chevaux et pour les enseignants

Des chevaux qui vivent en troupeau et des professionnels plus libres dans leur journée d’enseignement, c’est le pari de l’Institut Genech, une grande école spécialisée dans les métiers de la nature et du vivant, de la Métropole Lilloise (59), et notamment dans l'univers équin. De la ferme équestre déjà présente à l’Institut, les chevaux passeront dans quelques mois à une écurie active qui leur offrira un nouveau confort de vie, tout comme à leurs soigneurs.

Deux ans de mise en place

Le projet est né en mars 2017 à la demande de l’école, qui a fait appel aux services d’ECOVEGETAL. « Nous avons proposé le concept, le chiffrage et la supervision de tous les travaux, souligne Fanny Pierard, responsable Sols Equestres pour ECOVEGETAL. » Elle n'a pas hésité, d'ailleurs, à se rendre sur le chantier pour aider à la main d’œuvre « parce que l’on s’enrichit à chaque chantier », précise-t-elle.

 

Exigences particulières du client : la facilité d’entretien. Car cette écurie active s’étend aujourd’hui sur 2000m2 et devra à terme atteindre 3000m2 pour ses 30 chevaux.
Un souci que l'on retrouve chez tout responsable de centre équestre.

 

 

Avec plusieurs espaces dédiés au nourrissage, des zones de foin séparées, « il était capital que les employés n’aient pas à franchir dix barrières pour déposer les balles de foin et les kilos de nourriture en concentré. Il y a donc deux grosses zones de foin à la sortie des automates et une fumière au bout. De cette façon, il n’y a plus qu’à racler mécaniquement les crottins en bout de terrain et le travail est fait en quelques minutes ».

 

Particularité de la région : le sol est argileux. Il a donc fallu stabiliser l’intégralité du terrain avec un dallage spécifique, après une étape de terrassement minutieux. Ainsi, pour l’entretien, les employés des écuries pourront effectuer un raclage mécanique, le sol se maintiendra au même niveau et ne bougera pas, même après plusieurs passages répétés.

Téléchargez cet ebook

Un système automatisé qui simplifie la vie des employés

Le cœur de ces nouvelles écuries, ce sont les « automates » qui simplifient 90% du travail des utilisateurs de ce centre de formation équestre.

Dans cette formule, les chevaux sont bien plus proches de leur état naturel et, comme le précise Fanny Pierard, « dans la nature, les trois quarts de leur journée sont consacrés à manger tout en se déplaçant ».

Ces automates sont ainsi pensés pour distribuer tout au long de la journée les rations nécessaires à chacun. Des rations correspondant à ce que les équidés trouveraient dans la nature, dans divers pâturages.

Chaque animal est équipé d’un bracelet à puce, qui déclenche le distributeur de concentrés lorsqu’il se présente devant lui, selon les quantités calculées à l’avance par l’équipe. « Avec plusieurs petites rations quotidiennes », avertit la spécialiste, passionnée d'éthologie équine, car un cheval n’est pas fait pour suivre les trois repas quotidiens des hommes, mais manger de petites quantités tout au long de la journée.

L'alimentation du cheval : un sujet central

« Sans quoi, son estomac se vide très vite, et il développe des ulcères. Cette liberté de manger selon ce que lui dicte sa nature, c’est capital pour le cheval. »

Les automates répondent aux données entrées dans le logiciel qui régule toute l’écurie. « On doit donc former le personnel à l’utilisation de ce logiciel, qui prévoit les doses autorisées selon le régime alimentaire, l’âge, le rythme de vie, la santé de chacun. Un poney au régime aura donc de plus petites rations qu’un autre… ».

Le logiciel permet aussi de prévoir le temps autorisé pour chaque mangeur qui se présente à l’auge : un cheval plus vieux aura plus de temps si besoin est.

Mais, dans un système automatisé, où les chevaux sont traités comme des chevaux sauvages, où ils vont à leur guise et viennent se servir quand ils le veulent, comment s’assurer que le gourmand quitte bien l’auge pour laisser la place au suivant ? Sur l’écurie active de Genech, les automates sont équipés de toute une batterie d’astuces, que les chevaux intègrent très vite à leur quotidien.

Automatisme et comportement du cheval

L'auge pivote lorsque le temps de nourrissage d'un cheval est écoulé.

Un signal sonore lui indique qu’il doit laisser sa place, puis, s’il traîne, une petite baguette se déplie de l’automate et établit un contact léger au niveau des fesses pour le faire partir. Enfin, pour les plus récalcitrants, un petit signal électrique peut se déclencher manuellement depuis le centre de contrôle.

 

Plus besoin de distribuer manuellement les rations à chaque box plusieurs fois dans la journée : il n’y a qu’à remplir les silos de grains, ainsi qu’à déposer les boules de foin dans les zones établies à cet effet. « Là, les employés peuvent venir le matin sur cette écurie de 30 chevaux et, 1h30 plus tard, leur journée est terminée ! Ils ne sont plus esclaves des besoins de chaque cheval, et les animaux se sentent bien mieux ainsi. » 

Espace régulé, chevaux épanouis, comme à l’état de nature

Dans leur état naturel, et comme tout troupeau, les chevaux établissent bien entendu une hiérarchie entre eux. Et c’est pour cela qu’il est capital de savoir organiser leur espace pour que leurs relations sociales perdurent et que les chevaux au tempérament trop fort n'écrasent pas les autres.

 

Si l’alimentation est au cœur des écuries de l'institut de Genech, elle est finement répartie sur le terrain, pour ne pas créer une "zone d’embouteillage" dont les dominants pourraient contrôler l’accès. Le troupeau est ainsi réparti sur toute la surface des écuries, avec des portes sélectives qui s’ouvrent pour certains et permettent à des groupes d’accéder à des zones de foin vers lequelles les autres n’iront pas. Pour Fanny Pierard, « on crée des sortes de zones VIP ». 

Même règle pour le dortoir et les petits abris qui s’égrainent sur le terrain : « nous avons créé des points de contact pour les chevaux, en prenant soin de ne pas créer de zone d’agression ». Il faut comprendre par là des angles et recoins, où un dominant serait susceptible de coincer un cheval plus faible ou un nouveau, pour l’empêcher de dormir par exemple.

L’avantage de l’Institut de Genech, c’est que le troupeau est déjà constitué, « notamment parce que tous les chevaux se retrouvent ensemble au pré l’été, ce qui permet de les sortir de leur logique de box et de chacun dans son coin ». Leurs rapports sont donc déjà régulés et, s’il vient un nouvel arrivant, « l'intégration sera progressive, grâce aux boxes d'intégration ».

Tout est fait pour favoriser des rapports harmonieux entre les chevaux, jusque dans cet espace bonus que constitue la « zone de roulade ».

Là, chacun est libre de venir se dégourdir les pattes et se libérer des parasites qui peuvent lui picoter la peau. Se rouler constitue aussi un acte social qui soude le troupeau et, si un dominant s’y met, les autres le suivront avec plaisir.

Et là encore, ça n’est plus au personnel d’interpréter les besoins des chevaux, « on les amène d’habitude dans le manège ou la carrière pour qu’ils se roulent… Cette zone de roulade est un plus. »