Une isolation thermique parfaite : visite guidée

L’intérêt d’une toiture végétalisée pour ce qui concerne l’isolation thermique contre la chaleur est bien connue. Comment la compléter pour parvenir à une isolation thermique parfaite en se protégeant aussi contre le froid ?

Nous sommes allés chercher cet exemple pas trop loin. Le siège social d’ECOVEGETAL, conçu pour notre propre usage est un modèle d’isolation à partir de matériaux écologiques,  et ce, été comme hiver. Visite guidée.

A isoler : des bureaux et des locaux industriels

Lorsqu’ECOVEGETAL a décidé de construire ses locaux, l’équipe a voulu en faire un modèle de bâtiment écologique. A la fois par conviction et par souci de démonstration que le mariage parfait entre l’écologie et l’économie est à la portée de toutes les entreprises. Une société telle qu’ECOVEGETAL se doit de gagner de l’argent, comme toutes les autres.  Autant en vendant plus qu’en dépensant moins. Pour ce qui est des dépenses, il est un point sensible dans ce genre d’établissements : l’énergie.
Le chauffage l’hiver coûte cher. La climatisation l’été peut parfois coûter encore plus cher.


Ceci est d’autant plus vrai que le mode de vie, chez ECOVEGETAL, est le même que celui des autres entreprises. Un grand nombre de visiteurs quotidiens, qui, à chaque fois, ouvrent la porte d’entrée, la referment plus ou moins bien, laissant pénétrer l’air extérieur (froid l’hiver, chaud l’été). De nombreux salariés, assis dans leur bureau, qui ont donc besoin d’une température d’au moins 19°C constante.  Une grande salle de réunion où l’on accueille des invités et où il ne doit faire ni trop chaud l’été, ni trop froid l’hiver. Des locaux de stockage et des ateliers abritant du matériel agricole ou de manutention avec des salles de repos pour le personnel, où la température doit être maintenue constante, malgré, là encore, les nombreuses allées et venues qui occasionnent, à chaque ouverture de porte, un échange thermique avec l’extérieur.

Bref. Ce sont des locaux qui vivent. Et ce, dans une région, le Drouaisis, où les alentours sont ceux de vastes étendues de champs de blé ou de betteraves et où l’on peut connaître des périodes très froides, l’hiver, des périodes très chaudes, l’été, et des intersaisons avec de l’humidité.

Sur les toits : des végétaux.

Bien sûr, dans le cas d’ECOVEGETAL, les toitures végétaliséess’imposaient. Tous les bâtiments en sont pourvus et leur effet positif sur l’isolation est évident.  Les bâtiments n’ont besoin d’aucune climatisation additionnelle, consommatrice d’énergie. Les toitures végétalisées font jouer à plein l’effet d’évapo-transpiration. Elles bénéficient d’une micro-irrigation des plantes du toit, dès qu’il fait chaud, de façon à leur apporter un minimum d’eau. En contrepartie, elles absorbent des calories dans le bâtiment, comme tout bon climatiseur le fait, ou plutôt, comme le fait tout grand arbre sous l’ombre duquel on se repose l’été.  C’est ce phénomène-là, totalement naturel, non consommateur d’énergie qui est reproduit au plus grand bénéfice de tous les salariés, sans qu’il y ait besoin de consommer de l’énergie supplémentaire, au plus grand bénéfice de la planète.

Les toits végétalisés se comportent donc plutôt comme de grands arbres prodiguant leur ombrage plutôt que d’absorber comme le font les toits classiques à base de matières minérales, la chaleur du soleil et de la transmettre directement par conduction aux matériaux du bâtiment, ils limitent cette absorption, grâce à l’épaisseur du substrat, ils limitent également la conduction, grâce aux matériaux utilisés (voir ci-après, avec la paille et le bois), et le phénomène d’évapo-transpiration apporte en complément cet effet « climatisation ».

Dans les murs : des ballots de paille.

ECOVEGETAL souhaitait toutefois aller encore plus loin dans sa recherche en matière d’isolation écologique. Ces bâtiments étant neufs, il fallait donc travailler dès la conception. On pouvait en profiter. Il fallait concevoir un bâtiment optimisé dès le départ et choisir un isolant au bilan environnemental particulièrement favorable : la paille. La paille présente de nombreux avantages. C’est un isolant parfait.  N’oublions pas qu’il est utilisé depuis des siècles dans la construction traditionnelle, à travers le pisé, dont il assure la partie fibreuse et ligneuse.

Il est en général facilement disponible localement. Pas besoin de dépenser du pétrole ou de noircir le bilan carbone de l’opération pour le faire venir sur place. En outre, les ballots de paille ont une dimension normée. Grâce au machinisme agricole, ils ont tous la même taille ou presque d’un bout de la planète à l’autre. Il est donc extrêmement pratique d’utiliser ces ballots de paille.

Pour l’architecte la conception est facilité, il utilise les ballots de paille comme il utilise des modules tout faits d’autres types de matériaux (en construction bois ou béton, par exemple). Bien entendu, la paille doit être emprisonnée entre des cloisons intérieures et des parements extérieurs qui ne laisseront passer ni humidité, ni air. L’inconvénient de la paille est en effet son inflammabilité et sa capacité à pourrir. Cet emprisonnement doit donc être parfait. Le CSTB a d’ailleurs étudié et précisé les bons usages en matière de construction avec de la paille.

Dans le cas d’ECOVEGETAL, les ballots de paille ont été liés à chaque jonction par un mortier à base de chaux. Une cloison ayant recours à des matériaux d’origine naturelle (chaux, etc) vient compléter la construction. La fenêtre témoin dans la salle de réunion permet de voir comment cela en détail (photo)

… ou alors un autre type d’isolant : du bois

Résultat : l’isolation thermique est optimale l’hiver. Tout comme l’isolation phonique, ce qui n’est pas neutre dans un endroit où l’on travaille. Malgré le passage de camions, de machines, les sonneries de téléphone et autres productions de décibels classiques du monde du travail, il règne toujours dans ces locaux une sérénité de fond liée à cette protection contre le bruit conçue avec le bâtiment lui-même.

Résultat numéro 2 : la facture de chauffage de l’établissement est ridiculement basse. Pour une surface  de …. Mètres carrés, ces dépenses se montent à moins de 2000 euros / an. Il est vrai que la chaudière utilise les co-produits issus de l’agriculture voisine. Mais il n’y a pas que cet effet de proximité : les volumes consommés sont très  limités, en raison, précisément, de ces choix en matière d’isolation.

ECOVEGETAL a d’ailleurs décidé d’approfondir cette recherche. Lors de la construction d’un nouveau bâtiment sur cette zone. Plus petit, il est destiné à accueillir une mini-crèche. Et là, c’est un autre isolant qui a été choisi :  le bois. L’effet des panneaux de laine de bois utilisés est sensible autant en hiver contre le froid, qu’en été, contre le chaud.  « Mon oncle architecte disait qu’on perçoit les caractéristiques d’un matériaux en posant sa main dessus sans le toucher, explique Pierre Georgel, président d’ECOVEGETAL et architecte concepteur de ce bâtiment. Soit il « rend la chaleur », soit il « prend la chaleur ». C’est à cela qu’on voit si c’est un bon isolant ou pas. »

En passant la main, un jour de grande chaleur, au-dessus d’une plaque d’un tel isolant, on s’en rend compte immédiatement. Ce matériau vous protège du chaud. Résultat :  l’ambiance dans cette mini-crèche reste agréable, quel que soit le temps à l’extérieur. Très froid l’hiver (les dépenses de chauffage restent totalement maîtrisées) ou très chaud l’été (pas besoin de climatiseur pour maintenir une ambiance tempérée l’été pour les enfants). 

Dans cette vidéo, Pierre Georgel nous fait la visite de ces deux bâtiments emblématiques du siège social d’ECOVEGETAL : les bureaux et la mini-crèche.  Suivons-le.