Lutte contre les îlots de chaleur : l’été 2018 aura-t-il suscité une prise de conscience ?

Phénomène intéressant dans la presse à l’occasion des épisodes de canicule de l’été 2018. Les journalistes ont enquêté pour savoir comment adapter nos villes aux vagues de chaleur qui s’annoncent toujours plus fréquentes dans les années qui viennent. Et de mettre l’accent sur la lutte contre les îlots de chaleur.

2018 : le deuxième été le plus chaud après 2003

L’été 2018 aura donc été le deuxième été le plus chaud après 2003.  Si, à l’heure où  nous écrivons ces lignes, il a fait beaucoup moins de victimes, les mesures de prévention ayant été d’une grande efficacité, il semble avoir suscité, chez les journalistes, une inspiration bien différente de celle que l’on avait remarquée lors de la première canicule du XXIème siècle. 

Si, en 2003, les articles posaient surtout la question de savoir si les scientifiques pouvaient ou pas garantir que la vague de chaleur correspondait aux prémices du changement climatique annoncé, en 2018, il n’y a plus tellement de place pour le doute. Le réchauffement est bien là. Et il se caractérise bien, comme annoncé, par une succession de phénomènes excessifs : inondations, tempêtes et canicules.

Cette vague de chaleur estivale  a ainsi donné l’idée à francetvinfo.fr d’imaginer le scénario du 16 août 2050. Un article éminemment documenté  permet de se rendre compte de ce vers quoi nous allons, si les diverses extrapolations réalisées par les scientifiques, chacun dans son domaine (viticulture, météorologie, énergie, etc.) se confirment.

Dans ce scénario, l’agriculture conventionnelle a  disparu. Une agriculture intégrée l’a remplacée : moins de pesticides, moins de travail du sol et des cultures plus diversifiées. Le sorgho a pris la place du maïs. Originaire d’Ethiopie, il demande 40% d’eau en moins et pousse très bien dans le Sud-Ouest.

On  ne se baigne plus à la mer au mois d’août. D’une part, la montée des eaux a réduit les surfaces disponibles pour les plages, d’autre part une eau à 29°C ne rafraîchit plus suffisamment le corps humain, et enfin  les méduses et les raies pastenagues violettes, très venimeuses, se sont tellement rapprochées des côtes qu’il devient vraiment dangereux de se baigner.

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En 2050, les villes ont commencé à changer….

Mais surtout, les villes ont commencé à changer. L’immeuble de 2046, tel que l’imagine cet article, est bien sûr à énergie positive. Il est raccordé à un réseau de froid urbain (de l’eau à 5°C est distribuée dans les immeubles pour assurer une climatisation moins énergivore), et avant tout,  il a multiplié la présence de végétaux pour gagner les quelques degrés de rafraîchissement qui changent la donne.
Plantes grasses, mousses, arbustes peuplent les intérieurs. Et des potagers verticaux ont envahi les façades.

Si  Franceinfotv s’est projeté dans le futur, d’autres journalistes sont allés voir ce que font les villes dès aujourd’hui. Ils ont en conséquence fortement mis en évidence  le phénomène des îlots de chaleur.

En effet, indépendamment du réchauffement climatique, les villes souffrent beaucoup plus de la chaleur en cas d’épisodes caniculaire, car celle-ci  est amplifiée par les phénomènes de réverbération et d’absorption d’énergie par les matières inertes. Ce phénomène des îlots de chaleur doit combattu en soi.

Ainsi, les villes du futur  telles qu’on les imaginait il y a encore quelques années, pleines de tours de verre et d’acier qui se renvoient la lumière, avec de l’asphalte et du béton pour que tout circule le plus vite possible en rez-de-chaussée, ces villes du futur-là appartiennent désormais au passé. 

Quand tout est minéral, alors la chaleur devient insupportable l’été et cela va s’aggraver.

 “Une différence de 9 à 10 degrés a pu être constatée entre le centre de Lille et la ville d’Hem dans sa banlieue”, écrit ainsi Joël Cossardeaux dans les Echos, à propos de l’amplification par les îlots de chaleur de l’épisode de canicule du début août 2018.

Végétaliser toits, murs et parkings

Le journaliste, excellent spécialiste des collectivités territoriales, fait le point des différentes solutions qu’elles peuvent mettre en oeuvre. Un document réalisé par l’Ademe Languedoc-Roussillon détaille de façon très complète les mesures à prendre pour adapter la ville aux changements à venir et, notamment, lutter contre les îlots de chaleur.

Ainsi l’idée est suggérée d’inscrire les zones de fraîcheur dans les documents de planification (politique du végétal urbain, espaces agricoles péri-urbains, …) et imposer un ratio de végétal en ville

Pour cela, diverses mesures peuvent être prises : 
 -privilégier les arbres d’alignement feuillus afin d’augmenter les zones d’ombrage sur les voiries. 
-développer les conventions de végétalisation entre particuliers, associations et collectivités.

En verdissant les bâtiments, “en plantant de l’herbe ou de petites plantes au sommet des immeubles ou le long des murs”, indique Joël Cossardeaux, en clair, en végétalisant les toits et certains murs de façade, on parviendrait à réduire la température sur les  toits de 15°C et jusqu’à 20°C sur une façade (vs un mur nu). “Le gain d’énergie est colossal, explique-t-il, puisqu’il n’y a plus besoin de rafraîchir autant, à l’aide de climatiseurs, par exemple. Des études menées à Paris montrent que près de 25% d’énergie pourraient être économisés”. 

Dernière mesure à  mettre en oeuvre dans le cadre de ces mesures : lutter contre l’imperméabilisation des sols. Bien sûr, il s’agit alors de faire des choix en matière d’occupation des sols. Plus on pourra privilégier les espaces verts au détriment des bâtiments et de la voirie, mieux ce sera.  Mais si l’on ne parvient pas totalement  à remettre les villes à la campagne, selon la vielle formule d’Alphonse Allais, il reste la possibilité de végétaliser des espaces tels que les parkings ou certains trottoirs dont on a besoin en ville.

L’Ademe insiste ainsi sur le fait de privilégier les techniques alternatives de gestion des eaux pluviales dans les nouveaux aménagements (réduction de la surface des sols imperméables, utilisations  des systèmes de revêtement poreux pour les voies , les trottoirs, les cheminements piétonniers et les parkings).

Les Echos et l’Ademe ont établi la courbe de la réduction des températures

La synthèse de l’effet de ces mesures a été réalisée par Les Echos dans cette infographie.  Les gains sont impressionnants. Visiblement, les Echos ont eu recours pour leur analyse à l’étude canadienne, déjà évoquée dans notre article consacré aux îlots de chaleur,  qui indique que verdir seulement 6% des toits d’une ville comme Toronto, ferait gagner 1 à 2 degrés en centre-ville.

Même si, encore une fois, les phénomènes d’îlots  de chaleur ne sont pas directement causés par le réchauffement climatique, mais lui pré-existent et sont terriblement renforcés par lui, prendre des mesures pour lutter contre eux fait partie de ce que l’on appelle des décisions “no regret”, c’est-à-dire des décisions qu’on ne regrettera jamais, même si  les changements climatiques ne suivaient pas les courbes prévues à l’heure actuelle.

La canicule de 2018 aura sans doute eu pour effet de  renforcer la prise de conscience : désormais, cette lutte contre les îlots de chaleur n’est plus une option. Elle est indispensable.

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