Projet de parking perméable : comment respecter la loi Alur facilement

Vous voulez construire un parking, et la Loi Alur semble réduire vos marges de manœuvre. Elle exige que le parking ne fasse que 0,75 fois la taille de la surface commerciale, avec des conditions en petites lettres au bas de la page qui vous font vous arracher les cheveux. En fait, ces petites lettres sont ce qu’il y a de plus intéressant pour vous. Elles vont vous permettre de concevoir un parking perméable encore plus performant et de devenir un superhéros de la biodiversité.

En plus, c’est facile : voilà comment déchiffrer tout ça, en quelques astuces.

Votre projet entre dans le cadre de la loi Alur ? Tant mieux !

À première vue, cette loi devrait limiter votre espace de stationnement, puisqu’elle réduit la surface d’un parking autorisée pour un bâtiment commercial. Au lieu de 1,5 fois la surface du bâtiment, elle ne vous en alloue que 0,75. Mais ça, c’est à première vue. Il y a des exceptions, faites pour vous encourager à repenser votre revêtement et l’insertion de votre projet dans son environnement ! 

Cette loi est apparue en réponse à un gros facteur de risque en matière d’aménagements extérieurs : l’imperméabilisation des sols. Elle multiplie de façon colossale les risques d’inondations et de victimes associées. Quand on pense aux sols extérieurs d’une surface commerciale, on pense asphalte, bitume et autres bétons, matériaux solides. Parfaits pour le passage et le stationnement de véhicules de tous poids. Sauf qu’il s’agit là d’un concept dépassé. 

Les surfaces imperméables comme celles-ci sont en réalité les plus fragiles face aux intempéries. En cas de tempête ou de fortes pluies, les eaux pluviales pèsent sur ces dalles étanches dans lesquelles elles ne peuvent pas s’infiltrer. Résultat, votre parking aggrave le ruissellement des eaux dans le quartier, l’inondation globale (mais aussi locale, sur votre propre parcelle) et au final, des fissures apparaissent même dans vos enrobés pourtant si résistants en apparence.

La loi Alur est là pour vous éviter de participer vous aussi aux débordements et autres inondations en imperméabilisant plus de sols, et profiter vous-même des bénéfices associés au retour à la perméabilité du sol.

La réglementation évolue vers toujours plus de respect des lois de la nature

La loi Alur, c’est un début. Une première étape-clé vers toujours plus d’encadrement et de respect de l’équilibre entre urbanisation et respect des contraintes naturelles. Alors autant vous y habituer, et même y plonger avec plaisir !

L’étalement urbain est en progression constante. Avec l’équivalent d’un grand département français qui disparaît tous les dix ans (entre autres sous l’effet de l’artificialisation des sols), les plans de protection et de « re-naturalisation » des surfaces devraient faire partie des problématiques majeures du secteur de la construction ces prochaines années. C’était déjà l’un des points d’accroche du Plan Biodiversité 2018, et la réglementation deviendra inévitablement plus contraignante à l’avenir.

L’idée n’est pas tant la restriction à tout prix que de créer de nouvelles façons de penser la construction. En investissant dans la gestion des eaux pluviales, les surfaces végétalisées et drainantes.

Contraignant ? Pas tant que cela : la loi va plutôt dans votre sens !

Cette obligation de faire du sol perméable vous enlève des places de parking, et donc de la fréquentation potentielle ? Pas du tout ! C’est une question de calculs et de quotas.

L’objectif est de diminuer la surface imperméable. La loi vous permet de jouer avec les coefficients. Habilement. Votre parking comptera bien sûr, des places de stationnement, des voies carrossables, des voiries d’accès et des cheminements piétons. À quoi vous pouvez ajouter un aménagement extérieur qui respecte les nouvelles normes environnementales.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que certains types d’aménagement réduisent votre potentiel de nombre de places, d’autres font le contraire :

  • Les zones « noires » qui pèsent dans la balance : la place de stationnement imperméabilisée, le chemin d’accès imperméable, et le cheminement interne à l’aire de stationnement.
  • Les zones « neutres » : l’aire de livraison et la piste de ravitaillement accolée à un magasin.
  • Les zones « semi-positives » : La place de stationnement ou les voies d’accès dites perméables (avec du matériau minéral ou végétal) qui permet l’infiltration naturelle dans les sols.
  • Les zones « positives » : c’est un genre de bonus. Elles permettent d’alléger la balance en installant des aménagements paysagers en pleine terre, y compris dans l’emprise de l’aire de stationnement, des stationnements pour l’auto-partage, ou encore des places destinées à l’alimentation des véhicules hybrides et électriques. 

Chacune des zones de votre parking correspond à un coefficient de pondération.

Pour en savoir plus sur les calculs et les appliquer à votre projet, téléchargez notre livre blanc spécial loi Alur ici.

Comment mettre en place votre parking perméable facilement ?

La première chose que vous devez rechercher, c’est la perméabilité. C’est-à-dire un système de végétalisation, revêtement minéral ou béton qui permet l’infiltration des eaux de pluie. Rassurez-vous, l’infiltration ne signifie pas que vos sols vont devenir poreux et spongieux, avec des véhicules embourbés au moindre arrosage. C’est tout le contraire. Et si vous en doutez, découvrez ici pourquoi la perméabilité des sols n’empêche pas la portance.

Ce qui compte, c’est de rendre votre sol drainant dès la fondation, avec un matériau à granulométrie continue qui assure une bonne stabilité après compactage. Ensuite, vous pouvez jouer avec un système de couche végétalisée, minérale ou béton, qui absorbera les précipitations en surface.

Le second élément moteur de ces nouveaux parkings perméables, c’est la solidité. Il est question de pouvoir recevoir des poids lourds comme des véhicules plus légers, en continu et quelles que soient les conditions météorologiques. Il vous faut donc un système qui ne bouge plus une fois posé. Que les allées, les places et la voirie offrent un complexe aussi résistant que vous l’imaginez.

Pour cela, vous pouvez utiliser une solution alvéolaire, à poser une fois que vous avez établi une fondation résistante. Vous remplissez le module alvéolaire en fonction du rendu souhaité (gazon, végétaux de milieu aride dit “mousses”, minéral, pavé) et, une fois rempli, il assurera une stabilité parfaite à l’ensemble. Substrat et végétaux résistants (type paysage aride), graves, fines et gravillons drainants, si vous réalisez vous-même le remplissage.

Vous pouvez aussi opter pour une solution mixte composé de modules précultivés et d’un système de pavés drainants (voir nos exemples de calepinages ici).

Attention : il y a alvéole et alvéole

Vos systèmes en alvéoles se posent très facilement, ils offrent plus de longévité à votre parking que le classique enrobé, et ils sont garantis vingt ans.


Mais attention ! Il y a système alvéolaire et système alvéolaire.
On a vu quantité d’imitations de systèmes alvéolaires arriver sur le marché. Il faut faire très attention au matériau choisi pour la fabrication de la dalle. Préférez des dalles en Polyéthylène Basse Densité (PEBD) à la fois très résistante, planes et souples. Il s’agit de penser un concept global de gestion de l’eau.

Ce n’est pas l’alvéole qui fait la perméabilité (même si elle doit être capable de résister à des contraintes de poids importantes). C’est la façon dont le dispositif complet va permettre la perméabilité et diminuer ou supprimer le ruissellement des eaux de pluie.

Résultat : on voit fréquemment des places de parking, réalisées avec des dispositifs mal pensés, se transformer quand il pleut en zone boueuse. 

Chez ECOVEGETAL, nous parvenons à un coefficient de ruissellemnet nul (validé par le CEREMA). Autrement dit : 100% de l’eau est infiltrée. Plus d’inondations. Et personne ne patauge.