Stabilisation de talus : pourquoi c’est une priorité

stabilisation de talus et berge

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Votre talus, en bordure de route, de voie ferrée, de berge ou d’un édifice, a pour première fonction de retenir un éventuel mouvement de terrain. C’est donc, logiquement, le premier élément à stabiliser…
Or, bien souvent, quand on parle stabilisation de talus, on en parle dans un contexte d’effondrement, de glissement de terrain ou d’éboulement. Bref. Dans un contexte où le mouvement a déjà commencé.
 
Cela veut dire, d’une part, que l’ouvrage n’a pas rempli ses fonctions et, d’autre part, qu’il y aura des responsabilités lourdes et coûteuses à assumer. Et cela arrive bien plus souvent qu’on ne le croit en France.
 
Constructeur, exploitant, propriétaire, maître d’ouvrage, savez-vous qui est responsable et quand ? Êtes-vous réellement prémuni, avez-vous bien anticipé la stabilisation de talus dans votre ouvrage ?  

 Les risques de mouvements de terrain en France : plus fréquents qu’on ne pense

Il y a les affaissements et effondrements liés à la présence d’une nappe et des cavités souterraines (nombreuses en France), il y a les glissements lents qui prennent des années à fissurer les sols, et il y a les éboulements brutaux, les coulées de boues et les chutes de blocs.
En tout, ces mouvements de terrain menacent 7 000 communes françaises, d’après les chiffres officiels.
C’est l’une des principales menaces à surveiller, après le risque d’inondation.
Sans surprise, les communes les plus à risques en France sont situées en montagne. Les cartes du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) permettent de se rendre compte de l’étendue des zones à risque sur le territoire. 

Les facteurs à surveiller pour prévenir les risques d’effondrement de talus sur un chantier

Les normes de construction des talus, en vue d’éviter l’accident, doivent nécessairement tenir compte de facteurs comme l’eau, la cohésion du sol, la végétation, la poussée des terres, la présence d’ouvrages en amont, etc.
 
Tous ces risques doivent avoir été évalués dans une première étude de site (sur la nature du sol) par un bureau géotechnique qui préconisera ensuite les modes de construction adaptés.
 
Après quoi peut s’ouvrir l’étude géotechnique de conception, suivie d’éventuelles nouvelles études dans le cas où l’ouvrage aurait besoin d’un renforcement.
 
Toutes ces étapes préventives doivent non seulement permettre de stabiliser un talus sur la durée (donc garantir sa longévité) mais aussi de protéger les différentes équipes techniques qui interviendront sur le chantier. En effet, le risque d’effondrement pendant des travaux de terrassement est réel, notamment avec des sols crayeux ou argileux qui réagissent très vite aux facteurs climatiques (précipitations). Le sol perd en cohésion, le talus est déstabilisé, la structure et les parois se défont et il peut arriver que des ouvriers soient ensevelis par la chute.
 
Cela signifie non seulement l’arrêt du chantier (avec les frais qui s’accumulent), mais aussi des séquelles sur les équipes et des difficultés juridiques à n’en plus finir.

Le défaut de végétalisation, facteur aggravant


En-dehors des ouvrages humains et chantiers en cours, les zones montagneuses et les zones inondables présentent des risques de mouvements naturels.
 
Un rapport du BRGM sur les risques en métropole nantaise montrait notamment que, lorsqu’un talus est suffisamment végétalisé, le risque d’aléa est faible, voire nul. En revanche, la perte de végétation et la mixité du terrain (présence de roches, sol délié) favorise les glissements, affaissements et effondrements. Sous le poids des précipitations et d’une végétalisation réduite, certaines zones présentaient un risque (moyen) de détachement et chute de pierres, de blocs, et de glissements de talus en bord de Loire.
Autrement dit, la végétation est l’un des meilleurs garants de la tenue des sols en pente.
 
C’est un argument encore peu intuitif pour nos modes de pensée classiques : on renforce et stabilise plus solidement un talus, une butte ou un coteau avec des végétaux qu’avec un bloc de soutènement de maçonnerie traditionnelle. Bloc de taille ou béton armé, ils finissent par s’effondrer sous le poids des éléments (précipitation, vibrations sismiques, pression de la terre, etc.), alors que les systèmes racinaires végétaux bien maîtrisés assurent la cohésion de la pente.
 
C’était par exemple le cas de ce mur de soutènement de la chaussée, sur la Départementale 748 (Deux-Sèvres), qui s’est complètement effondré alors que des travaux étaient en cours pour le consolider. Précipitations, vibrations combinées du passage de poids lourds près de la tête de l’ouvrage : le sol s’est écroulé sur plusieurs dizaines de mètres. Un glissement de chaussée qui aura ajouté 180 000€ à la facture finale et engendré des mois de retard du chantier, l’interruption de la circulation et la gêne des usagers.
 

risques de glissement de terrain en France : la carte

Cas d’étude : le glissement de terrain qui a fait hurler la SNCF

Le 4 février 2020, à 22h48, le Transilien qui venait de quitter la gare de Sèvres-Ville-d’Avray (Hauts-de-Seine) freine brusquement. Arrêt d’urgence en pleine voie, 60 voyageurs sont immobilisés et pour cause : un talus vient de s’effondrer jusque sur la queue du train (heureusement, sans causer de déraillement ni victimes). À ce moment-là, 2500m3 de terre ont glissé sur une pente de 25m.
CEREMA et ingénierie SNCF réseau concluent très vite à un glissement hors norme, avec un terrain instable. Les précipitations aggravant le manque de cohésion des sols, le glissement de talus se poursuivra dans les jours qui suivent, jusqu’à déplacer 4000m3 de terre au total.
 
Conséquences : les trains sont immobilisés quelques jours, le temps de réaliser les premières expertises sur place, mettre en sécurité la zone, les voyageurs et les riverains, évacuer les tonnes de matériaux… Finalement, quelques jours deviendront 3 mois de perturbation du trafic (une voie dégagée au bout d’un mois seulement).
 
Le problème du glissement de terrain, effondrement, affaissement, c’est qu’il ne suffit pas de déblayer avant de reconstruire. Il faut encore sécuriser et contenir la chute qui se poursuit (notamment s’il pleut en même temps, comme ici).
 
Priorité à la contention, dans un premier temps, avec des centaines de big-bags massés au bas du talus pour retenir la terre. Puis des tiges métalliques et du béton projeté, car le terrain glissait encore.
 
Plus de 200m3 de boues argileuses ont été évacuées, des tranchées drainantes creusées, pour assainir le terrain.
 
Une fois limité le mouvement du talus, une vaste rangée de micropieux et des clous sont venus fixer les écailles en béton armés qui structurent et solidifient l’ouvrage sur 5 niveaux, avant le terrassement final.
 
Enfin, les techniciens ont procédé à la reconstruction des installations ferroviaires, coûteuse elle aussi, puisqu’il a fallu renouveler la voie, les caténaires et la signalisation.
D’après la SNCF, ce talus datant de 1839 faisait l’objet d’une surveillance constante. Entre érosion, perturbations climatiques, poids des années et facteurs humains, combien présentent aujourd’hui une structure dangereusement fragilisée ?
 

Conséquences économiques d’un glissement de talus

Le glissement ou l’effondrement d’un talus peuvent avoir des conséquences désastreuses sur les infrastructures qu’il est censé encadrer. Ce sont des coûts très lourds pour l’exploitant, qui peuvent même se retourner contre le constructeur si l’ouvrage est récent. 
Si l’accident intervient sur votre chantier, l’impact économique est plus direct encore. Pour vous, comme employeur, cela signifie par exemple :

–       L’arrêt du chantier : s’il y a une ou plusieurs victimes, il vous faudra compter sans ces ouvriers, en arrêt de travail.. C’est autant de retard dans les travaux. Vous pouvez ajouter à cela un retard supplémentaire pour l’enquête de l’inspection du travail (voire de la police si nécessaire).
L’inspection du travail pourra encore ajouter un arrêt temporaire du chantier si les circonstances l’exigent.
 
–       Remplacer les ouvriers : victime directe ou indirecte (séquelles psychologiques), vous devrez remplacer une partie de votre équipe en cas d’accident.

–       Des frais administratifs, frais judiciaires si votre responsabilité (employeur) est engagée.
 
–       Remplacer le matériel endommagé (coût de la réparation et/ou de la location d’un engin de substitution)  
 
–       Acheminer les machines et les équipes sur place : en cas d’effondrement d’un talus, la zone peut devenir dangereuse, donc moins facilement accessible. Vous pouvez par exemple avoir besoin de nouvelles machines (grues), donc de nouveaux techniciens.
 
À cela s’ajoutent évidemment les conséquences sur la santé des personnes touchées. Séquelles physiques et psychologiques, elles peuvent affecter toute une équipe.  
 
Vous avez donc tout intérêt à investir dans la prévention, qui sera toujours bien moins coûteuse que la réparation.

Qui est responsable en cas de mouvement de terrain et glissement de talus ? 

Sur le plan juridique, un glissement de talus est un vrai sac de nœuds.

glissement de terrain conséquences juridiques


 
S’il affecte un chantier, la responsabilité juridique de l’employeur sera engagée. En cas d’accident grave voire mortel, il pourra être poursuivi pour faute inexcusable. Y a-t-il eu manquement aux règles de sécurité ?
Non-respect des PGCSPS (plan général de coordination en matière de sécurité et protection de la santé) et préconisations pour le gros-œuvre ?
 
Diverses responsabilités pénales et civiles peuvent être également engagées, ainsi que des recours contre le ou les maîtres d’ouvrage.
 
Mais les conséquences s’étendent bien au-delà de la durée des travaux.
Maître d’ouvrage, constructeur, propriétaire, les responsabilités de tous peuvent encore être engagées dans le temps :
 
–       Responsabilité civile dans un conflit de voisinage : elle entraînera des réparations aux titres de dommages sur le voisinage, perte de valeur d’un bien, etc.
 
–       Responsabilité des titulaires de la servitude dans le cas d’un glissement de talus ou effondrement d’un mur de soutènement qui toucherait une voie d’accès commune (selon la convention en vigueur).  
 
–       Responsabilité légale du constructeur, selon la garantie (décennale, de bon fonctionnement…).  
 
–       Responsabilité du maître d’ouvrage public (mairie, collectivité…).
 
 
Or, si des années se sont écoulées entre la fin des travaux et l’effondrement du talus mal stabilisé, vous pouvez être confronté à des difficultés inédites. Par exemple l’évolution d’un PLU qui vous interdira de refaire ou stabiliser le talus à l’identique. Il faudra alors faire appel à des avocats, en plus des divers experts pour repenser tout le projet dans de nouvelles normes.
  
Voilà, entre autres, pourquoi la stabilisation d’un talus doit faire l’objet de tous vos calculs dès l’ébauche du projet. 
Vous pouvez garantir sa stabilité par une solution végétale, ou une méthode roche et grillage pour un système infiltrant. Aménagement, type de plantation, textile et géotextile, n’hésitez pas à vous faire conseiller par nos experts.