Terrasses végétalisées : 4 bonnes raisons d’ y installer un potager (1ère partie)

Finie l’époque où un maître d’ouvrage souhaitait que l’on mette un potager sur le toit parce que c’était dans l’air du temps. Un potager sur une terrasse végétalisée n’est plus une question de mode. Cela doit correspondre à un vrai projet, dont les motivations peuvent être variées. Pourquoi installer un potager sur votre toit ou votre terrasse ? Voici 4 raisons possibles.  

1. Le corporate garden : la tendance en pointe

Après les Galeries Lafayette Haussmann, en 2015, le BHV Marais a créé son potager géant de 1420 m2, de même que Carrefour ou la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris qui l’a installé sur le toit du Palais de Chaillot, face à la tour Eiffel. De plus en plus d’entreprises créent leur “corporate garden” en pleine ville. Directement venu des Etats-Unis, le phénomène est reconnu comme une solution d’amélioration du bien-être au travail. Là-bas, Pepsico, Timberland, Google ont leur potager sur le toit de leur siège social.  
La pause cigarettes des salariés stressés s’est transformée en moment de détente où l’on va plonger les mains dans la terre.  
Quoi ? Mettre les mains dans la terre, mais c’est sale et pas très “corporate”, non ?  

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A quoi tiennent les effets positifs du corporate gardening ?

Eh bien justement. Mettre les mains dans la terre est beaucoup plus “corporate” qu’on l’imagine. L’effet positif sur le bien-être en entreprise du  “corporate gardening” tient d‘une part à l’effet  “pause” et au sentiment de “contribuer à un projet RSE dans sa boîte” (responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise). Il tient d’autre part au simple fait de se reconnecter avec la nature. Une étude américaine de 2011 menée notamment par l’université de l’Oregon (The economics of biophilia) a mis en évidence qu’un environnement de travail relié à la nature réduit l’absentéisme jusqu’à 10%! 
 
Et enfin, l’effet positif du corporate gardening tient sans doute aussi  à mycobacteriumvaccae. Cette bactérie vit naturellement dans le sol, et elle a un effet anti-dépresseur. Des études ont montré que son contact avec la peau suffisait à générer ce sentiment de bien-être. Les chercheurs ont prouvé que jardiner avait un effet positif sur des patients dépressifs et expliquent en partie l’effet dé-stressant et reconstituant de l’activité de jardinage par le contact avec cette bactérie.  
 

Bref. Un projet de potager  possède quantité d’arguments pour les entreprises :  

  • cela mobilise les équipes autour d’un projet
  • cela détend grâce à l’effet “mains dans la terre” 
  • cela détend en remettant tout le monde à l’heure de l’horloge de la nature (quatre saisons de trois mois de journées de 24 heures) 
  • cela produit des fruits et légumes que l’on peut retrouver à la cantine ou au moins à grignoter lors des pots de l’amitié 
  • cela permet de créer de gagner de l’espace en faisant revivre des zones inutilisées sur les toits 

2. Le potager pédagogique

Ce type de potager est fortement encouragé par des organismes tels que le GNIS, l’Education Nationale, ou l’AFAUP (l’Association français de l’agriculture urbaine professionnelle). Les élus ont tout intérêt à s’y intéresser pour leurs écoles et à soutenir les associations qui s’y intéressent.  

Bien évidemment, tout l’enjeu d’un tel potager est d’enseigner. La conception devra donc  tenir compte de certains détails de fonctionnement. 
Il y a ainsi de fortes chances que ce potager voit passer beaucoup de jardiniers, puisqu’il y aura beaucoup d’élèves.
Oui, mais, pas pendant les vacances scolaires ! 
 
La conception du potager (types de plantes, rotations, associations, types de support, choix des variétés, surfaces dédiées compte tenu des récoltes attendues) devra tenir compte du fait qu’il n’y aura personne au mois d’août pour ce qui est normalement la meilleure période pour les récoltes.  

De même, lorsque l’enjeu est la pédagogie, on va s’intéresser tout particulièrement à la mise en valeur des plantes et leur identification.

L’exemple de l’Institut du Cordon Bleu, à Paris

Dans la vidéo ci-dessous, Pierre Georgel, président d’ECOVEGETAL, explique la façon dont il a travaillé pour l’Institut culinaire du Cordon bleu, à Paris.  

“90% des gens ne savent plus reconnaître les signes indiquant qu’une plante a besoin d’eau, explique-t-il. Et ce qu’il faut faire. On le voit également avec les étudiants qui travaillent avec les légumes tous les jours, ils ne savent pas reconnaître la plante qui produit le légume en question. On leur montre un pied de tomate, sans le fruit, ils ne savent pas reconnaître l’espèce “tomate” à ses seules feuilles et tiges”.  

Il faut aussi faciliter le travail. Un des grands sujets est donc la largeur des platebandes. 
“Il faut réduire les platebandes pour donner plus de facilité à l’accès, pour pouvoir accéder de partout.” Il faut en effet alors éviter d’obliger les jardiniers à poser le pied sur la platebande. Il doit pouvoir rester à l’extérieur de chaque carré de culture. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, mais on le comprend, un potager dont la vocation première est d’enseigner impose des règles inhabituelles.

La suite des 4 bonnes raisons d’installer un potager sur son toit ?

Rendez-vous le 12 septembre 2018

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