Toiture végétalisée, comment construire votre projet ?

Comment réaliser un toit végétalisé pour un client exigeant ?

Contrairement à une idée reçue, il est quasiment possible de végétaliser tous les types de toitures. Cela vous ouvre de vastes perspectives : toiture extensive, végétalisation intensive ou végétalisation simple, toiture en pente, potager urbain, type prairie, quelle couche d’étanchéité, les supports et armatures, l’isolation, l’entretien, terreau ou substrat, quel est le prix ?…

Comment réaliser un toit végétalisé

Mais avant de rentrer dans les détails techniques de la réalisation d’une toiture végétale, découvrez ce que vous pouvez projeter à votre client, selon ses critères et la situation du bâtiment.

Voici les différentes approches possibles pour pouvoir répondre à un appel à projet avec une solution réaliste, économique et durable.

Toiture végétalisée non accessible : approche par zone climatique

La majorité des toitures végétalisées dites non accessibles sont des toitures en pentes. Le degré de pente variant selon la zone climatique, les approches de végétalisation varient avec elles.

L’altitude et la situation protégée ou non de la construction conditionnent le degré de pente minimale nécessaire. Ce à quoi s’ajoute évidemment le choix des matériaux (tuile, zinc, chaume…).

Une idée reçue très répandue veut qu’on ne puisse pas végétaliser de toiture en pente à plus de 45°. Autrement dit, il serait presque impensable de végétaliser une toiture inaccessible en Corse ou dans les Pyrénées Atlantiques par exemple.

Ce n’est plus vrai aujourd’hui ! Il est tout-à-fait possible de végétaliser une toiture terrasse inaccessible et à forte pente. Un toit en pente à 100%, voire jusqu’à 200%. Le critère principal à retenir est moins l’inclinaison que la solidité de la structure et des matériaux de charpente. Une structure en zinc, par exemple, est trop fragile pour accueillir un projet de végétalisation. En revanche, une charpente bois ou acier peut parfaitement convenir.

Par ailleurs, en matière de résistance aux vents (notamment pour les zones d’altitude ou fortement exposées), une toiture végétalisée est une solution d’exception.  

Quelle approche globale dans une ville comme Paris ?

Cette étude de l’APUR sur le potentiel de végétalisation des toitures terrasses à Paris est intéressante car elle liste les typologies de toits. Matériaux peu résistants (zinc, verrière), toit très encombré : potentiel faible. Cela ne veut pas dire pour autant que la végétalisation est impossible ! Mais il faut envisager dans ces cas-là des solutions vertes légères et partielles (par bandes ou par zones).

Comment réaliser un toit végétalisé terrasse Paris

Un revêtement gravier sur une dalle de béton armé, un toit très peu encombré, toiture plate et degré de pente faible : cette typologie représente un patrimoine de 80 hectares de toitures parisiennes.

Les toitures terrasses plates, c’est une évidence, sont les plus « simples » à végétaliser. Cette typologie de toiture, autour de 200m2 et plus, en support béton et avec une pente de moins de 2%, est très présentes dans les quartiers périphériques. Elle offre des possibilités de végétalisation complexe. Un jardin sur le toit ou un potager urbain, vous pouvez imaginer un espace riche qui ait un vrai poids environnemental.

Comment construire une toiture végétale en montagne ?

Prenons ici l’exemple de typologies de toitures en pente, très présentes en montagne.

Les fortes pentes sont, à l’origine, une solution d’évacuation des eaux. Les toitures inclinées drainent l’eau de pluie.

Les bâtiments comptent par ailleurs moins d’ouvertures et une conception isolante contre le froid et l’humidité.

Dans ce type de configuration, la toiture végétale occupe les deux terrains à la fois.

Les végétaux et leur substrat participent au drainage naturel des eaux de pluie, d’une part. Ils limitent le ruissellement lors des épisodes pluvieux en « buvant » une partie de l’eau. D’autre part, la végétalisation est un excellent isolant (phonique et thermique). Elle limite les écarts de températures et joue un rôle de régulateur naturel. Moins de froid l’hiver, moins de chaleur l’été.

Quelle approche pour une zone climatique humide ?

Une toiture végétale au sud Pays Basque, en Bretagne ou dans le Jura, dans une région soumise à une forte pluviométrie ?

Il vous faut une solution adaptée, qui « boit » l’eau et ruisselle le moins possible. Et où les végétaux ne risquent pas de pourrir…

Là aussi, il est intéressant de renverser le problème. Plutôt que de réfléchir à une solution qui coure « le moins de risques » possibles dans un climat humide, penser la terrasse végétalisée comme la solution qui compense ce climat.

Les propriétés d’absorption des végétaux vont à la fois filtrer les eaux pluviales et les transpirer par la suite, ce qui contribue à régulier la température. Le toit végétal devient un outil de gestion des eaux.

La solution de toiture végétale plate et accessible

C’est la configuration la plus simple à approcher. Celle qui offre le plus de possibilités. De la simple couverture verte en végétalisation extensive (type sedum) au jardin potager avec arbres et arbustes. Vos possibilités de création dépendent des critères habituels, à savoir la portance, la structure et capacité maximale en eau.

 Végétaliser une toiture plate peut créer un effet « pièce en plus ». Au-delà de l’esthétique, le toit est un espace vert accessible et, s’il est mis en commun, qui favorise l’échange et le vivre ensemble.

Une promenade plantée sur le toit d’un hôpital pour entretenir le bien-être des malades, un jardin communautaire, un potager collectif pour une école… Vous offrez un atout de poids à votre client avec un espace végétal utile, non seulement à l’environnement (faune et flore) mais surtout à ses usagers.  

Et l’approche végétale ? Comment choisir les bons végétaux

Le choix des végétaux est un autre facteur important de réussite de votre projet. Vos deux critères essentiels étant la zone climatique et le paysage de biodiversité local.

Toit végétalisé prairie fleurie saxatilis ECOVEGETAL

Votre choix de plantes et de végétaux dépend d’abord de la région d’implantation du bâti. Si toutes les zones climatiques offrent des possibilités de végétalisation, elles ne sont pas les mêmes. Un paysage de végétation rase et colorée s’adapte mieux à une toiture dans le Jura qu’un parterre de plantes montantes type Lavandulis.

Par ailleurs, vous allez privilégier les espèces indigènes. Autrement dit, favoriser les espèces locales plutôt que des lotus, du jasmin ou des cactus fleuris, et éviter les espèces invasives. Votre toit végétalisé s’intègre non seulement dans le patrimoine immobilier mais aussi dans le patrimoine de biodiversité régional. Le choix du bon système végétal garantira sa durée de vie. Il garantira aussi le retour d’une faune locale dans un environnement proche du naturel (oiseaux nicheurs, insectes pollinisateurs comme les abeilles…).

Si vous n’êtes pas vous-même expert en végétaux et biodiversité, votre fournisseur saura vous guider vers la bonne palette végétale. 

N’hésitez pas à demander les conseils d’un écologue dans votre approche de toit végétalisé (notamment en région parisienne). Faites-vous conseiller dans la préparation de votre projet.