Et si tout l’intérêt du fond de forme était sa perméabilité plutôt que sa rigidité ?

Dans des travaux de terrassement (conception de parking, voie de circulation poids-lourds, etc.) votre principale priorité, c’est la solidité des matériaux qui soutiendront la couche de roulement (enrobé, bitume). Si le fond de forme vous intéresse, c’est avant tout pour savoir s’il faudra le traiter, le compacter, prévoir un empierrement, compenser ses caractéristiques de sable, roche, tourbe ou argile… En bref, vous vous demanderez en priorité comment « remplir » le sol et sous-sol préexistants pour obtenir un maximum de solidité, donc de portance.

Et si vous preniez les choses à l’envers ? C’est-à-dire vous intéresser vraiment au « vide » dans votre fond de forme. Imaginez une seconde qu’il soit plus intéressant de laisser infiltrer l’eau dans votre sol que des traitements à la chaux ou un liant hydraulique…

Cette idée est (en apparence) totalement contre-intuitive. La perméabilité semble toujours être l’ennemie de la portance. Mais en réalité, ce n’est qu’une question de calculs…

Si vous en êtes déjà à penser parking perméable, lisez ici les 3 questions à se poser avant tout chose.

Portance de la fondation et du fond de forme : elle reste la base !

Dans le texte, le b-a.ba des cours de travaux publics, c’est bien évidement la portance.

Rassurez-vous, on ne va pas vous dire le contraire.

Bien sûr, la base de tout travaux reste toujours la solidité du système. Anticiper et compenser l’usure nécessaire du sol (températures, pluviométrie et passage des véhicules…), éviter les ornières et donc travailler la portance. Que l’on parle d’un sol de parking compact, d’un cas d’enrobé imperméabilisé, ou d’un parking végétalisé, cette problématique est centrale.

Dans la grande majorité des travaux de VRD, cela veut dire décaissement, compactage des matériaux dégagés sur la profondeur décaissée et coulage d’une couche de roulement imperméable. Et, éventuellement, un traitement du sol par injection de liant dans le fond de forme pour solidifier encore la structure.

Soit une combinaison totalement fermée qui asphyxie durablement les sols.

Ces techniques classiques donnent théoriquement des résultats ultrasolides sur la distance. Mais elles n’évitent pas pour autant la création d’ornières sous l’usure et le poids de l’eau ruisselée et des véhicules combinés.

Elles ne sont même plus aujourd’hui les meilleures garanties de durabilité de votre sol de parking.

Au-delà de la portance : identifier la « fausse » contrainte cachée

Vous avez fait vos calculs de portance. Votre fondation et fond de forme doivent atteindre une valeur de résistance de 50mpa. Au moment de faire vos tests, la valeur est atteinte : il ne reste qu’à couler le bitume.

En théorie, vous venez de respecter la seule « vraie » contrainte imposée pour la tenue de votre sol de parking. En théorie.

La contrainte cachée, vous la connaissez : c’est celle de l’évacuation des eaux sur votre tout nouveau parking. Réseau de tuyaux, bassins de rétention, noues, vous avez intégré tout un tas de techniques pour que votre parking ne finisse pas sous les eaux à la moindre pluie.

Et selon la situation géographique et géologique de votre projet, cette contrainte d’évacuation peut s’avérer un casse-tête infini. Un parking en aval d’un bassin versant, par exemple, recevra les eaux ruisselées de toutes les voiries imperméabilisées en amont, qui rejettent les précipitations là où c’est possible. Pour vous, il sera donc difficile de protéger vos structures de l’infiltration…

Au-delà de la portance, vous avez finalement une contrainte « fantôme » à gérer – celle de l’eau – qui a en réalité un impact conséquent sur la durée de vie de votre œuvre. Et c’est là qu’on commence à parler d’infiltration.   

Pourquoi veut-on infiltrer le fond de forme ?

Parler d’infiltration, c’est choisir de remplacer une contrainte par une autre. Donc remplacer la problématique d’évacuation par une problématique de perméabilité.

Pourquoi passer de l’une à l’autre ?

Voici quelques avantages non négligeables de la perméabilité d’un sol de parking :

–       Le sol absorbe toute l’eau de pluie, donc plus de flaques en surface, moins de risques d’inondation (voire zéro), plus de craquèlement des sols et de pneus noyés.

–       Les nappes phréatiques sont alimentées plutôt que les égouts et tuyaux qui s’engorgent.

–       Les eaux de pluie sont décontaminées grâce à la filtration naturelle des végétaux.

–       La chaleur diminue considérablement à la surface de votre parking en temps de canicule (réduction du phénomène îlot de chaleur).   

Perméabilité : tester votre fond de forme

Pour pouvoir commencer à parler de gérer les eaux pluviales à la parcelle, il faut déjà savoir sur quel fond de forme on se situe. Si votre sous-sol est naturellement étanche ou imperméable, vous aurez assez peu de solutions d’infiltration. Il est donc inutile de stocker les eaux de pluie dans vos fondations si elles ne peuvent pas descendre plus bas.

Voilà pourquoi il est important, dès le premier travail du bureau d’étude, de connaître les capacités naturelles d’infiltration du sol. Soit de vous concentrer en fait sur l’opposé de ce qu’on étudie habituellement, à savoir l’étanchéité…

On considère que votre sol et sous-sol est éligible à recevoir une structure perméable lorsque son coefficient de perméabilité descend jusqu’à une valeur de 10-5 mps. Au-delà (en-dessous d’une valeur de 10-6 mps).

L’étude de la pluviométrie locale est elle aussi indispensable pour savoir quelles quantités de précipitations s’apprête à recevoir votre parking.  

Fondation filtrante, fondation fragile ?

Tout au long de votre lecture, vous avez sans doute continué à penser : « c’est bien beau, ces histoires d’infiltration, mais on en oublie la portance ! ». Ou encore « perméabilité du sol = fragilité totale ».

Évidemment, si on pose la question, c’est qu’on a la réponse…

La portance reste la contrainte majeure de tous travaux de VRD. Y compris dans un projet de parking perméable (qu’il s’agisse d’un parking végétal ou d’un parking minéral). Mais alors comment va-t-on garantir la solidité d’une fondation et de son fond de forme s’ils sont supposés se charger d’eau ?

Comment atteint-on 80mpa de résistance avec un système filtrant ? Voici deux exemples appliqués pour comprendre :

Une grave drainante non fermée

–       Avec un système de parking perméable comme Ecovegetal MOUSSES, par exemple, les végétaux de la surface ne développent pas de racines profondes. Ils ont besoin de tout au plus 8 cm de terre, sous lesquels on va installer le matériau habituel d’un revêtement classique, minéral, de surface : une grave drainante.

Mais à la différence de la grave drainante classique 0/31.5 (chargée de fines et qui devient donc imperméable dès qu’elle se compacte), on réduit le taux de fines pour obtenir une grave solide et infiltrante, même quand on la compacte.

Un mélange terre-pierre dans les fondations

–       Le système Ecovegetal GREEN repose d’abord sur un mélange d’agrégats de 30 à 60 millimètres qui s’appuient les uns sur les autres. Entre eux, ils créent le premier squelette du système. Un squelette plein de vide… mais suffisamment compact déjà pour assurer à lui seul la portance du sol. Il y a donc un jeu entre ces concassés compacts et le vide. C’est dans ce « vide » qu’on va infiltrer une section fertile terre-pierre qui permet au sol de continuer à respirer, aux végétaux de glisser leurs racines et à l’eau de circuler.

En réalité, un sol dur parce que « fermé », n’est pas nécessairement plus portant qu’un sol qui respire. Et c’est là que s’invite la possibilité de la perméabilité.

Une fois intégrée cette idée que des fondations perméables ne contreviennent pas à la portance, vous pouvez commencer à vous poser les bonnes questions pour un projet de parking vert.