Potager sur le toit : les plantes tendance à cultiver

Fraises, tomates, ce sont les grands perdants de la décennie. Des études régulières de l’association nationale de défense des droits des consommateurs (CLCV) ressassent le même constat : tout juste 30% des Français les trouvent encore savoureux. Et pour cause : ils passent la meilleure partie de leur vie dans les espaces frigorifiés des supermarchés, quand la maturité d’un fruit ou légume s’acquiert sur la branche, avec le bon taux d’ensoleillement et de pluie.

En cultivant tous ces trésors directement sur le toit de l’espace de travail, associatif ou écolier, le potager urbain recrée ainsi du goût et de la qualité, pour un panier économique. Dans certains cas, on pourra ajouter des fruitiers (avec une culture en bacs dans ce cas -là pour gérer les racines) : pêches et abricots sont également bien placés dans les études du CLCV au chapitre : déceptions gustatives.

Pour un potager urbain d’entreprise

Certains légumes ont la cote dans les paniers des jeunes entrepreneurs, start-uppers et agriculteurs citadins débutants. Betteraves, carottes, et navets sont à la mode, notamment pour leurs couleurs qui rendent l’assiette si visuelle.

Ces trois plantes ont en commun une facilité de culture et une demande en eau peu régulière mais à grandes doses. Un système d’irrigation en surface permet donc aux futurs jardiniers de monter épisodiquement sur le toit pour irriguer leurs cultures, sans se salir de préférence. Elles peuvent se planter dans un substrat léger et peu rocailleux, complété de fumier ou de compost. Attention toutefois aux contraintes de poids sur la structure : comme les pommes de terre,  leurs racines et les légumes produits  ajoutent un poids substantiel (voir notre article ici).

La plante bonus : le chou « kale » ou chou frisé, tendance absolue.

Il demande beaucoup d’eau et un ramassage en été, pour être consommé frais. Idéal donc pour motiver les équipes qui travaillent pendant les vacances. Il demande en revanche un carré bien exposé au soleil et un arrosage très fréquent. Planté avec des lentilles, très en vogue elles aussi, il forme ainsi le deuxième type de carré ultra-tendance. 
Avec un substrat très riche et de gros besoins en arrosage, ils demandent un bac large car très espacé entre les plants, et la proximité d’outils (donc d’un abri de jardin) car leur entretien est exigeant.

Vous pouvez envisager des carrés très larges, avec beaucoup d’espace entre les travées et un système d’irrigation par capillarité pour tous les bacs, doublé d’un système d’irrigation automatique et régulier pour des bacs type chou « kale ».

Et ajouter, en jardinières ou en rangées proches de l’accès principal, des bacs faciles d’accès pour des plantes dites thérapeutiques (type mélisse, camomille, gingembre, pissenlit ou fenouil) qui sont d’excellents remèdes à tout. Légères, elles n’exigent pas une grande portance, et font le bonheur des salariés en quête d’une salade régénérative ou d’une tisane relaxante. Un vrai atout du bien-être au travail

Enfin, un bac hermétique à compost permet une meilleure qualité des cultures, à installer à distance de l’accès principal pour les éventuelles nuisances olfactives.

Pour un potager d’école ou lieu de repos

Là, le potager est éducatif et/ou thérapeutique. En ouvrant un accès à la végétation apaisante et en accordant aux futurs jardiniers une responsabilité envers leurs plantes, le potager joue un rôle fondamental dans leur bien-être.

Il faut donc envisager ici des légumes de goût. Par exemple, la star des palais français (et c’est pour cela qu’elle déçoit ses amateurs) reste encore et toujours la fraise. La gariguette, qui ne fleurit qu’une fois (et avant les grandes vacances), a besoin d’un espace ensoleillé et d’un substrat riche, épuré de cailloux et enrichi de matière organique. Elle peut pousser à proximité de tomates (deuxième légume préféré des Français), qui nécessiteront un sol aussi riche.

Pour un potager du goût, il faudra donc privilégier des carrés bien exposés, avec une protection contre le vent et la proximité d’un compost qui nourrisse les plantes. Pensez aussi à adapter la hauteur des bacs au public qui les utilisera. Un accès plus bas pour les enfants, un bac accessible à mi-hauteur pour des retraités.

Un potager plus reposant pourra lui alterner entre des carrés du goût et des allées de plantes thérapeutiques pour leur odeur et leurs bienfaits, séparés par exemple de plantes plus esthétiques comme la lavande (décoration de cocktails et de plats), en petits carrés plus étroits.

Enfin, des niches à oiseaux et à insectes peuvent aussi avoir une portée éducative essentielle, selon l’âge des utilisateurs.

Le saviez-vous ? Le potager traditionnel a toujours eu plusieurs fonctions, en plus du goût. Réglementé au Moyen-âge par Charlemagne – oui, la place des navets était un sujet d’État – il comptait alors quatre espace principaux : le jardin des saveurs, purement alimentaire, le jardin médicinal aux plantes thérapeutiques, le jardin esthétique pour les promenades amoureuses et le jardin des sorcières pour les plantes magiques.