Toit végétalisé à Paris, Strasbourg, Brest ou ailleurs : quel toit vert pour quel climat ?

Depuis que le mouvement a été lancé, il y a quelques années à Paris, les « plans de végétalisation » fleurissent en ville, dans toutes les régions de France. Sous tous les climats. Du toit végétalisé à Paris (dont 1/3 de type potager urbain), on est passé aux toitures végétales à Nice, à Strasbourg, Lyon, Brest et ailleurs.

Il est plus facile de végétaliser qu’on ne le pense : les paysages de toitures ne sont pas les mêmes selon la région et le climat, mais vous avez plus de liberté de création que vous ne l’imaginez.

toit végétal à Paris

Toit végétalisé à Paris : quelles possibilités ?

460 hectares disponibles : où ça ?

Une étude de 2013 a estimé qu’il existait à Paris 460 hectares de toitures terrasses disponibles à la végétalisation. Soit un peu plus de 320 terrains de foot potentiels à planter.

Historiquement, le cœur de Paris était plutôt constitué d’immeubles aux toits en pente, avec charpente bois ou métallique. C’est le béton qui, dans les années 1920, fait émerger la forme de toiture terrasse plate.

En règle générale, il existe donc plus de toits végétalisables dans les quartiers périphériques de Paris. Ou dans le cadre de nouveaux projets d’équipements publics, qui rouvrent aussi des possibilités jusque dans le centre.

Les possibilités de toits végétaux liées au climat 

Paris et sa région Île de France sont soumis à un climat de type océanique. Un climat plutôt doux et tempéré.

Traduit en cas de végétalisations, cela veut dire un large éventail de possibles. Vous pouvez envisager un toit avec végétation extensive aussi bien qu’intensive. C’est-à-dire que vous pouvez parier sur une couverture végétale de type toundra (plantes vivaces et rases, vertes et colorées toute l’année), comme sur une culture intensive de type prairie fleurie ou encore un potager urbain avec légumineuses, fleurs et arbustes. En voici un exemple pour une toiture-terrasse de La Défense, en région parisienne.

Vous avez le choix des végétaux. Votre projet doit ensuite prendre en compte les caractéristiques techniques de la toiture (capacités de charge et portance, dont la charge maximale en eau, degré de pente, accessibilité) et les prévisions d’entretien. Pour un toit peu accessible ou avec un souhait d’engagement minimal en entretien de l’usager, il vaut mieux privilégier un projet de végétalisation extensive simple par exemple.

Des aides spécifiques

Sachez qu’à Paris et dans sa banlieue, vous pouvez bénéficier d’aides à la végétalisation d’une toiture. Aides du programme Éco-rénovons à Paris pour des travaux de rénovation énergétique d’un immeuble d’habitation par exemple, incluant un projet de terrasse verte. Ou encore aides du Conseil régional d’Île-de-France pour les projets des collectivités et institutions.   

Toit végétalisé à Nice ou Montpellier : s’adapter au climat méditerranéen  

De la PACA au Languedoc-Roussillon, le climat présente des cas de précipitations très fortes occasionnellement. Et, de l’autre côté, des températures estivales très élevées, avec des toitures béton qui peuvent atteindre les 70°C. En regard, la toiture végétale, elle, atteint tout juste les 20°C.

Il faut donc viser une végétation qui permette à la fois :

–       d’apporter une solution, une réponse aux conditions climatiques locales (réduction des îlots de chaleur, absorption des pluies abondantes)

–       de maintenir une couverture verte et bien vivante toute l’année, donc qui résiste aux dites conditions climatiques. 

Toit végétalisé à Brest : un climat océanique changeant

Le Grand Ouest est marqué par un climat plutôt changeant. La pluviométrie peut varier sur l’année, avec une présence de vents forts lorsqu’on se rapproche du front de mer.

La solution végétale la plus évidente est une couverture verte de type extensive. Ce qui ne veut pas dire que chaque toit végétalisé en Bretagne ou en Normandie doit ressembler à une prairie de toundra, sans volume.

Une végétation extensive composée peut introduire des plantes florifères avec des jeux de volumes entre des succulentes et des plantes plus hautes comme des tulipes par exemple.

Découvrez ici un exemple de réalisation dans le Morbihan, pour des toitures en pente.

toit végétalisé en pente Bretagne

Vous pouvez vous faire une idée ici de comment va évoluer votre toiture terrasse en végétation extensive sur l’année.  

Toit végétalisé à Lille ou Strasbourg 

Entre le climat océanique de type plaines du Nord (Lille et sa région) et le semi-continental de Strasbourg, on peut retenir des hivers froids et des étés frais.

Ce qui veut dire que vous pouvez privilégier une végétation extensive simple, de type toundra. Celle-ci passe du vert au rouge, en passant par le jaune ou le blanc, selon les types de sedums. Elle offre aussi l’avantage d’un entretien limité et d’un poids léger.

Le cas du potager urbain 

Les plans de végétalisation en sont un parfait exemple : il est possible de cultiver un potager urbain en terrasse quel que soit le climat et la région.

Pour un établissement public de type école, par exemple, avec un projet éducatif, ou un Ehpad avec une portée stimulante pour les pensionnaires, le potager en toiture est tout indiqué.

potager urbain toit végétalisé Paris
Le potager urbain du Cordon Bleu, à Paris

La zone climatique ne pèsera que sur le choix des végétaux en culture. Entre un potager sur toit végétal à Paris, à Marseille ou à Bayonne, vous planterez plus facilement du basilic, du thym ou des champignons sur l’un ou sur l’autre. Voici un exemple de potager urbain réalisé à Paris par les experts ECOVEGETAL.

Mais pour ce qui est de la construction réelle du potager, les contraintes sont identiques partout.

Un potager urbain nécessite une très haute capacité portante du toit, une structure solide, une accessibilité et un bon ensoleillement. En effet, même à Nice, une toiture qui serait cachée par deux immeubles plus hauts risquerait de ne pas obtenir l’exposition suffisante pour la bonne croissance des végétaux.

L’avantage du toit végétalisé sur un bâtiment

Dans un milieu urbain, la toiture végétalisée représente une solution à de multiples problèmes.

–       Elle contribue à la réduction des fortes chaleurs (canicule et îlot de chaleur en été) ;

–       La végétation participe à la gestion des eaux pluviales (lutte contre le ruissellement, dépollution des eaux) ;

–       Elle redonne sa place au végétal dans l’espace urbain. Imperméabilisation des sols, rejet de la nature et de la vie biologique toujours plus loin en périphérie : le toit végétal recrée un lieu de nature au centre de la ville ;

–       Elle ramène des espèces (animales et végétales) dans l’espace urbain. En ce sens, la toiture végétale contribue au maintien et la préservation de la biodiversité. Avec l’aménagement de lieux sécurisés (nichoir à oiseaux, jardin en terrasse plutôt qu’au niveau de la rue), elle redonne un lieu de vie à des espèces qui en étaient privées.

–       Elle représente, enfin, une zone de lien social. Pour les habitants de l’immeuble, les usagers ou les membres de l’association qui en bénéficient, par exemple, c’est un espace de rencontre, d’échange et de reconnexion à la nature et au lien social.

Pour trouver votre toit végétal idéal, consultez le guide technique des toitures végétales.